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Enzo Ferrari fonda la marque qui porte son nom en 1947, en construisant une barquette biplace de 118ch, carrossée par Touring, baptisée 125 S et équipée d’un moteur V12 de 1500cc à compresseur. Enzo Ferrari avait été pilote émérite chez Alfa-Roméo entre les deux guerres. A la suite d’une victoire de Ferrari en 1923, la comtesse Baracca lui offrit comme porte-bonheur le cheval cabré qui ornait le fuselage de l’avion de chasse de son fils Francesco, as de la Première Guerre Mondiale. Cet insigne allait devenir l’emblème de la marque Ferrari, après avoir été celui de la Scuderia Ferrari (les Alfa-Roméo de compétition engagées par Enzo Ferrari de 1929 à 1938). En 1938, Enzo Ferrari quitte Alfa-Roméo, et puis ouvre un atelier de fabrication à Maranello, où il envisage la construction d’une nouvelle voiture de sport portant son nom. Mais la guerre éclate en Europe. Il faudra donc attendre 1947 pour que la voiture (la 125 S) soit tout à fait au point. La même année, Ferrari remporte la victoire sur le circuit de Caracalla avec la 125 S. En 1948, Ferrari présente sa première voiture de tourisme, la 166 Inter. En 1949, la marque remporte plusieurs victoires dont les 24 Heures du Mans. 1951 marque la première victoire dans le nouveau championnat du monde de F1 à Silverstone, avec les nouvelles 375 équipées d’un V12 de 4500cc sans compresseur. 1952 inaugure la collaboration de Ferrari avec Pininfarina dans le domaine des voitures de tourisme. En 1954, Ferrari remporte pour la seconde fois les 24 Heures du Mans. En 1956, Enzo Ferrari perd son fils unique, Dino, qui était appelé à lui succéder au sein de l’entreprise. Son nom sera repris sur un modèle de la marque en 1966, pour le 10e anniversaire de sa mort : la Dino Ferrari. Au cours des années qui suivent le décès de son fils, Enzo Ferrari remporte de nombreuses victoires sur les circuits. Ainsi, Ferrari gagne les 24 Heures du Mans de 1960 à 1965 sans interruption. Ferrari tenait le haut du pavé. En ce qui concerne les voitures de tourisme, Touring, Vignale, Pininfarina, habillaient depuis le début des années 50 les châssis de carrosseries sportives et audacieuses. Ferrari eut le talent de sélectionner une clientèle d’élite. Les Ferrari étaient les plus désirables et les plus prestigieuses des voitures Grand Tourisme. Elle reprenaient d’une certaine façon l’héritage des fameuses Bugatti d’avant-guerre. Enzo Ferrari était aussi très proche de caractère d’un Ettore Bugatti. Coincidence, ce dernier était décédé l’année même de la naissance de la marque Ferrari. L’usine de Maranello qui avait sorti 45 voitures en 1948, sortait maintenant 500 voitures par an. Les Ferrari étaient très chères, mais la course coûtait bien plus cher que ce que pouvaient rapporter ces onéreuses voitures. L’existence de la Scuderia était menacée. A la fin des années 60, Enzo Ferrari entama des pourparlers avec Ford, puis avec Fiat. Le géant de Turin prit une participation de 50% dans Ferrari (1969). Au terme de la transaction, Enzo Ferrari gardait le contrôle du département compétition. Concernant la production des voitures de tourisme, la marque avait élargi sa gamme vers le bas, en lançant la Dino, petite GT à moteur central, une innovation chez Ferrari. Cette Dino donnera naissance aux 308 GT, 328 GT, 348 GT puis aux actuelles 355 GT. La gamme haute avait bien évolué également, puisque la 250 GT du début des années 60 avait fait place à la 275 GTB en 1964, puis à la 365 GTB (Daytona) en 1968. Concurrencé par les Lamborghini à moteur central, Ferrari se résoud à sortir la gamme haute avec un moteur central à partir de 1972 (Boxer, Testarossa, puis 512 TR). Ces bolides deviendront de véritables monstres sacrés. Ferrari conservait le moteur à l’avant pour la 412, un très élégant coupé 4 places issu de la Daytona, qui donnera naissance plus tard à la 456 GT. Pininfarina était devenu le carrossier exclusif des Ferrari depuis le début des années 60. La production de la firme de Maranello atteint pour la première fois plus de 1000 unités en 1971 (1246 unités) pour dépasser les 2000 en 1979 (2308 unités), puis les 3000 en 1985 (3125 unités) et enfin les 4000 en 1990 (4292 unités). Le record a été établi en 1991 avec 4589 unités. Depuis cette date, la production oscille autour de 3500 unités par an. Fiat est toujours propriétaire de la firme. Alors que sortait la fabuleuse F40 (qui donnera naissance plus tard à la F50), issue d’un croisement d’une Ferrari de tourisme et d’une Ferrari de compétition, Enzo Ferrari disparaissait en 1988. Aujourd’hui encore, le souffle que cet homme de talent a donné à sa Scuderia est toujours aussi vigoureux, même si les hommes de Fiat ont pris la relève. L’auréole de son entreprise est si brillante que les défaites n’atténuent pas son éclat. Enzo Ferrari a inscrit une profonde empreinte dans l’âme de ses compatriotes et de ses admirateurs, ainsi qu’une des plus belles pages de l’histoire de l’automobile. Les véritables objets d’art intemporels que sont toutes ses créations, au même titre qu’une Bugatti ou une Rolls-Royce, témoigneront encore longtemps de sa passion sans limite pour l’automobile sportive de grande classe. |