NSU
 

 

 

La firme NSU, contraction de Neckarsulmer Strickmaschinen Union, fut créée en 1880 à Neckarsulm. Elle commença à produire des voitures à partir de 1905, mais interrompit cette activité au début des années 30 pour se concentrer sur la production de motocyclettes qui avait débuté dès 1900. NSU reprit la fabrication d’automobiles à partir de 1957.

Profitant de l’engouement des Allemands pour les très petites voitures au cours des années 50, dont les BMW Isetta et 600, Zundapp, Goggomobil, Lloyd et autres Messerschmitt furent les principales représentantes, la firme NSU lança la Prinz en 1957, une petite voiture à moteur arrière bicylindre (comme c’était souvent le cas sur ce type de véhicules), qui était assez proche d’une Autobianchi Bianchina lancée la même année.

La Prinz fut restylée en 1961, adoptant le style de la Chevrolet Corvair sortie deux ans plus tôt, dans des proportions beaucoup plus modestes il est vrai. Cette nouvelle Prinz fut épaulée en 1963 par des versions allongées 1000 et 1200, dont certaines se sont illustrées dans les Rallyes au cours des années 60 (1000 TT et TTS). Les Prinz furent fabriquées au total à 1,2 million d’unités de 1957 à 1972. Elles furent les plus populaires des petites voitures allemandes.

Depuis le début des années 60, la firme NSU avait acheté la licence du révolutionnaire moteur rotatif Wankel. Ce type de moteur avait l’avantage d’être beaucoup plus compact qu’un moteur classique. Par contre, il était beaucoup plus gourmand en carburant. Ce moteur fut d’abord installé sur les coupés Prinz Sport, puis sur la Ro 80, une nouvelle berline haut de gamme (birotor) lancée en 1967. Cette voiture très élégante était sans doute une des plus avant-gardistes de l’époque, de par sa ligne et sa conception, mais elle allait malheureusement connaître une diffusion très confidentielle.

A partir de 1967, le moteur rotatif attira plusieurs constructeurs, dont General–Motors, Mazda et Citroen, qui chacun achetèrent la licence Wankel. Citroen, toujours soucieux d’être à la pointe de l’innovation, prévoyait d’équiper sa future GS avec un moteur rotatif. En fait, seules quelques unités de GS birotor furent produites. La crise pétrolière de 1973/1974 mit un terme aux ambitions de ces constructeurs, qui abandonnèrent très vite le moteur rotatif, sauf Mazda qui poursuivit curieusement sa production jusqu’à aujourd’hui, sur des versions haut de gamme. Le coupé RX7 est le dernier modèle de cette marque à être équipé d’un tel moteur.

Pionnier et promoteur du moteur rotatif, NSU fut racheté en 1969 par Volkswagen qui fusionna cette firme avec Audi (racheté par Volkswagen en 1965). A partir de ce moment, les modèles Prinz (y compris les coupés Prinz Sport), 1000 et 1200 furent progressivement abandonnés. L’usine de Neckarsulm fut alors consacrée à la confidentielle Ro 80, ainsi qu’à l’Audi 100.

La K70, voiture moyenne qui devait naître en 1970 sous la marque NSU, au-dessous de la Ro 80, se retrouva finalement sous la marque Volkswagen (avec un moteur classique), car personne au sein du groupe allemand ne croyait plus à un quelconque avenir de la firme NSU. C’est ainsi que celle-ci disparut tout à fait en 1977, avec l’abandon de la Ro 80. L’usine de Neckarsulm ne produisit plus alors que des Audi (100, puis A6 et A8).